2007 SuiteA l'instar de
Rafael Nadal, il retrouve les joies du tennis à
Dubaï, là où le numéro un mondial avait subi la première défaite de la saison 2006 en finale face à son dauphin. Il se qualifie avec plus ou moins de difficultés (perdant deux sets et mettant fin à sa série de 15
tie-breaks gagnés consécutivement) pour sa cinquième finale consécutive du tournoi emirati, lui permettant ainsi de rester invaincu sur le circuit depuis sa défaite au deuxième tour du tournoi de
Cinccinati contre
Andy Murray (soit 40 matches gagnés consécutivement) et de conserver les points ATP gagnés l'année précédente. Cela additionné à la défaite de
Rafael Nadal en quarts de finale, Federer voit la marge qui le sépare de son dauphin s'accentuer encore un peu plus (3730 points), marquant de façon indiscutable sa domination totale sur le tennis mondial. Il s'impose en finale contre
Youzhny sur le score de 6-4, 6-3 et s'adjuge ainsi le 47ème titre de sa carrière. Avec 41 victoires consécutives, il égale du même coup
Björn Borg au 4ème rang des victoires consécutives sur toutes les surfaces, à 5 longueurs de
Guillermo Vilas. Sa série s'arrête le
11 mars avec une défaite au second tour contre
Guillermo Canas au tournoi d'
Indian Wells[4], dont il était pourtant triple tenant du titre. Cette « erreur de parcours » lui coûtera 500 points au classement technique
ATP.
Au
Masters de Miami, après deux matchs bien négociés face à l'Américain
Sam Querrey puis l'Espagnol
Almagro en deux sets, il s'incline de nouveau face à
Guillermo Canas en trois sets accrochés 6-7 6-2 6-7. Heureusement pour Federer, ses deux poursuivants les plus sérieux au classement
ATP,
Andy Roddick et
Rafael Nadal, échouent à leur tour en quart-de-finale. Cependant, à l'approche de la saison sur
terre battue où il aura moins de points à défendre, l'avance de Roger au classement technique
ATP est moins élevée : environ 2400 points de différence avec l'Espagnol contre 3900 au mois de
novembre 2006.
Pour le premier rendez-vous de la saison sur
terre battue, lors du tournoi
Masters Series de Monte Carlo, Roger Federer
se hisse en finale sans perdre un seul set mais s'incline contre
Rafael Nadal en deux manches sur le score de 4-6 4-6. Bien qu'il soit parvenu à conserver les points gagnés
l'an dernier sur ce tournoi, Roger, sur
terre battue, n'arrive toujours pas à trouver l'ascendant psychologique sur son rival. Ce phénomène se reproduit d'ailleurs lors de l'inauguration de la
Bataille des Surfaces[5], match d'exhibition durant lequel les deux meilleurs joueurs du monde s'affrontent sur un terrain dont une moitié est recouverte de gazon et l'autre de terre battue.
Rafael Nadal s'impose 7-5, 4-6, 7-6 après un match très disputé.
Le
10 mai 2007, Roger Federer est battu par le joueur italien
Filippo Volandri (53ème mondial) au stade des huitièmes-de-finale du tournoi
Masters de Rome. C'est la première fois depuis 2003 qu'il enchaîne 4 tournois sans en remporter un seul. Malgré cette nouvelle défaite sur
terre battue et à quelques semaines de
Roland Garros, la confiance du numéro 1 mondial ne semble pas être entâchée : « Il ne faut pas dramatiser » dit-il, « il me reste du temps, notamment à Hambourg la semaine prochaine, pour me préparer à Roland Garros.» Le
12 mai 2007, Roger annonce à la surprise générale qu'il se sépare de son entraîneur
Tony Roche avec lequel il était en collaboration depuis deux ans.
La semaine suivante, Roger se rend à
Hambourg, pour y disputer le tournoi qu'il a déjà remporté 3 fois. Exempté de premier tour, il bat difficilement
Juan Monaco 6-3, 2-6, 6-4, au second. Il retrouve un
Espagnol au stade des huitièmes de finales,
Juan Carlos Ferrero, spécialiste de la brique pilée. Roger gagne 6-2, 6-3 et se rassure ainsi quant à son jeu. En quarts de finale, il bat
David Ferrer 6-3, 4-6, 6-3, contre lequel il est toujours invaincu, et rencontre, en demi-finale, le revenant
Carlos Moya, soit le troisième Espagnol consécutif. Roger, après avoir perdu le premier set 4-6, se rattrape et gagne les 2 suivants 6-4, 6-2. Le
20 mai 2007, Roger Federer remporte sa première finale sur
terre battue contre
Rafael Nadal à
Hambourg (2-6, 6-2, 6-0) et met ainsi fin à la série de 81 matchs gagnés consécutivement sur
terre battue du Majorquin. Ce dernier, après avoir déroulé dans la première manche, craque et laisse Roger filer vers sa 4ème victoire à
Hambourg. Cette première victoire de Roger sur
Nadal sur
terre battue relance complètement le suspense à une semaine de
Roland-Garros.
Justement, le tournoi de
Roland-Garros 2007, seul tournoi du
Grand Chelem manquant à son palmarès, commence une semaine plus tard. Le premier tour contre l'Américain
Michael Russell est facilement remporté 6-4, 6-2, 6-4 mais en deux jours à cause de la pluie. Le lendemain, il élimine le Français
Thierry Ascione 6-1, 6-2, 7-6 (10-8) en 1h51 dont 1h03 pour le dernier set, qu'il menait pourtant 4-2 avec deux balles de 5-2. Au 3e tour, il élimine facilement l'Italien
Potito Starace en 3 sets 6-3, 6-2, 6-0. En huitièmes, il affronte le Russe
Mikhail Youzhny contre qui il menait auparavant 9 victoires à zéro, qu'il bat en 3 sets 7-6, 6-4, 6-4 après 2h25 de jeu. Il passe donc en quart de finale où il croise la route de l'Espagnol
Tommy Robredo, grand spécialiste de
terre battue et vainqueur du
Masters d'Hambourg 2006. Roger, après avoir gagné le premier set, bat un nouveau record : celui du nombre de sets gagnés consécutivement en
Grand Chelem. Il n'avait en effet plus lâché de set depuis sa finale à l'
US Open contre
Andy Roddick, l'an dernier. Il bat donc la série de
John McEnroe, qui s'était arrêtée à 35. Celle de Roger, elle, s'arrêtera à 36, car dans le deuxième set, il subit une grosse baisse de régime et perd la manche 6-1. Mais, loin de se décourager, il repart de plus belle dans le troisème et le quatrième set, qu'il remporte 6-1 et 6-2. Federer atteint ainsi les demies-finale d'un tournoi du
Grand Chelem pour la 12ème fois consécutive (depuis
Roland-Garros 2004, défaite contre
Gustavo Kuerten au troisième tour). Pendant ce temps, en dehors des courts, Roger remporte le
Prix Orange (récompensant le joueur le plus fair-play de la quinzaine) pour la troisième fois consécutive, ce qui est un record. Il joue ensuite sa demi-finale face au Russe
Nikolay Davydenko contre qui il mène 8 victoires à zéro lors de leurs précédents affrontements. Le match est très accroché mais après 3 heures de jeu Roger s'impose 7-5, 7-6 (7-5), 7-6 (9-7) en ayant remonté un break de retard dans chaque manche. Il se qualifie donc pour sa deuxième finale consécutive à
Roland-Garros, sa huitième consécutive en Grand Chelem, effaçant ainsi des tablettes l'Australien
Jack Crawford, qui en avait jouées 7 d'affilée entre 1933 et 1934. Malheureusement pour lui, Roger Federer s'incline en 4 manches 6-3, 4-6, 6-3, 6-4 face au double tenant du titre
Rafael Nadal et ne réussit toujours pas à s'imposer sur la terre battue parisienne, tout comme un grand nombre de champions avant lui tels
Pete Sampras ou
Jimmy Connors. La différence entre les deux joueurs fut, comme lors de la finale
2006, le nombre de fautes directes puisque Roger en commit deux fois plus que l'Espagnol.
À la suite de ce tournoi et cette finale très éprouvante pour l'organisme, Federer déclare forfait pour le
tournoi de Halle dont il avait remporté les quatre précédentes éditions. Il souhaite ainsi éviter tout risque de blessure avant le
tournoi de Wimbledon où il est également le quadruple tenant du titre. A la veille du
Grand Chelem londonien, Federer, bien qu'ayant 145 points de retard sur
Rafael Nadal au classement Race
ATP, conserve toujours une place confortable au sommet de la hiérarchie mondiale avec 7290 points au classement technique. Le n°1 mondial vise par ailleurs d'égaler le Suédois
Björn Borg en remportant son cinquième titre d'affilée à
Wimbledon. Il commence le tournoi de manière aisée en remportant ses deux premiers tours. En effet, ni le russe Teimuraz Gabashvili ni l’argentin
Juan Martin Del Potro n’ont les armes et la maîtrise pour faire trembler le maître incontesté du gazon londonien. Ils perdent tout deux en trois sets. Le troisième tour du numéro 1 mondial promet bien des retentissements contre le caractériel
Marat Safin. Toutes les promesses de se match s’évanouissent dès l’entrée sur le cours des deux protagonistes. Federer réduit à néant les espoirs de victoire du Russe pour s’imposer assez facilement 6-1, 6-4, 7-6. S’en suit le forfait en quart de final de l’allemand
Tommy Haas, éternel blessé du circuit, et 6 jours de vacances en raison de dame nature qui décide de semer le trouble par ses nombreuses averses qui retardent considérablement le déroulement du tournoi. Malgré un repos forcé qui aurait pu le déstabiliser, Federer s’impose relativement facilement contre l’ex numéro 1 mondial
Juan Carlos Ferrero. Il a toutefois une baisse de régime dans le deuxième set qu’il perd 6-3, mais s’impose au final 7-6, 3-6, 6-1, 6-3 et accède ainsi à sa 13e demi-finale d’affilée dans un tournoi du
Grand Chelem. Il bat ensuite le
Français Richard Gasquet en trois sets (ce qui lui permet d'atteindre sa 9e finale consécutive en Grand Chelem) et affronte en finale son grand rival
Rafael Nadal, dont il arrache une victoire serrée 7-6, 4-6, 7-6, 2-6, 6-2. Il remporte ainsi pour la cinquième fois consécutive le
tournoi de Wimbledon, égalant par la même occasion le
Suédois Björn Borg. Cette victoire lui permet de porter à 54 le nombre de ses victoires consécutives sur gazon et le place à trois Grand Chelem de
Pete Sampras.
_________________
Marc-André Boivin/Big Boss/Alexander Ovechkin
